Dictature

Corpus

Dictature est la première création thématique collaborative des artistes de La Monade, issu du concept Corpus.
Corpus est bien plus qu’une oeuvre, c’est un concept, une création globale qui transmet les idéaux de La Monade, l’art communautaire, partagé et ouvert.
Le principe est simple, une trame thématique ouverte pour des artistes et des oeuvres libres, pour mettre en valeur la vision unique de chaque artiste.

Cette première cuvée, menée par Low Pass VISION!, s’est lancée sur le thème de la dictature, première trame de choix, puisque la dictature suppose de ne pas pouvoir s’exprimer librement en tant qu’artiste.

Bien qu’il semble évident que de telles oeuvres ne pouvaient forcément que s’engager, presque d’elles-mêmes, c’est bien souvent sous la contrainte dictatoriale que les artistes se font passeurs clandestins vers un horizon de liberté, créant ainsi des oeuvres fortes, dont la puissance esthétique en vient parfois à dépasser le message de liberté.
Qu’elle soit politique, sociale, morale, voire artistique, que l’on soit face à elle debout le poing levé ou à genoux dans la complainte, la dictature ne laisse jamais indifférent.
C’est de dictature dont nous parlons librement.

Liberté Égal…CQFD

Ce morceau chimère entre le rap et le rock alternatif prend pour exemple la violence occasionnée par le jihad mais aussi par les militaires envoyés sur place.
C’est l’histoire d’un jeune rescapé d’une guerre qui oppose militaires et terroristes. Uriah est un enfant qui a perdu sa famille dans une fusillade. Une fois réfugié en France, il subit maintes moqueries quant à ses origines. Le chanteur et auteur de ce texte, Julien Goulois et le compositeur OkHacku Gurēmeiji ont fait le choix de paroles violentes, d’une intonation forte de colère, ils se mettent dans la peau de ce migrant fictif, ils prennent sa voix et rendent des comptes à la liberté bafouée au nom de la guerre idéologique. Une leçon volontairement moraliste, qui prône le respect de l’être humain au delà de toute volonté militariste.

Ecouter le morceau

Supreme

Nous sommes tous sous l’égide d’un Guide Suprême.
Sous couvert d’une soumission aveugle à l’autorité et à un dogmatisme plus ou moins bienveillant, nous nous sommes enfermés dans la dictature. C’est ce que Low Pass VISION! a voulu dénoncer à travers son morceau Supreme, un morceau comme à genoux, qui se place du côté de la manipulation, comme un hymne à la gloire de ceux qui nous manipulent, aux airs de complainte spirituelle et morale.

Ecouter le morceau

Singe cool en prison

La dictature pour les humains, contre les animaux. Singe Cool en Prison présente tout simplement un singe en costume jaune avec le chapeau assorti. Après le spectacle dont il était la vedette, l’artiste se retrouve enfermé dans une cage par ses maîtres, ses producteurs, ses utilisateurs.
Les yeux larmoyants et grands ouverts de cet animal, sur cette oeuvre aux aspects enfantins, détourne l’usage de la figure de l’animal de spectacle, figure adorée des enfants, pour en dépeindre la réalité cruelle de l’enfermement et la dictature anthropocentrique que l’on inflige à ceux qui peuplent aussi ce monde.

Mère

Comme toutes les mères,
Je ne t’ai pas vu grandir.
Pourquoi, aujourd’hui, l’enfer,
Se superpose à mes souvenirs ?

Je t’aurais défendu de toutes mes forces,
Comme une lionne, j’aurais été la plus féroce.
Tu étais un enfant si innocent,
Pour toi, j’aurais versé le sang.

Tu étais mon petit, mon bébé.
Et c’est avec des larmes de joie,
Que je t’ai enlacé la toute première fois.
Ce jour-là, c’est la vie que je t’ai donné.

Je me souviens de tes genoux écorchés,
Lorsque tu apprenais à marcher,
De tes dents que tu ne voulais pas brosser,
Et de tes légumes que tu ne voulais pas goûter.

C’est à cause de moi que tu es là, ma colombe.
Est-ce que tes crimes doivent peser sur ma conscience ?
Est-ce que cette responsabilité m’incombe ?
Est-ce que tu mérites encore ma patience ?

Car aujourd’hui, c’est toi qui montre les crocs.
Aujourd’hui, c’est toi qui fait un geste de trop.
Tu as frappé pour tes idées,
Sans aucune forme d’humanité.

Pourtant je t’avais donné tout mon temps.
Et j’avais mis en toi toute mon énergie,
Pour que tu sois un bon enfant.
C’est contre ton éducation que tu as agi.

Puis-je encore te pardonner ?
Comme quand c’étaient des fourmis que tu torturais ?
Car c’est bien comme ça que tu le vois.
Mais maintenant, ce sont des humains tout comme toi.

Je n’en peux plus de cette haine à ton égard.
Non, je ne peux plus baisser le regard.

Aujourd’hui mon enfant, je te vois comme tu es.
Et je n’arrive plus à te comprendre, et t’apprécier,
Car tu es un usurpateur.
Tu es devenu un Dictateur.

Mon amour, mon petit homme, mon fils
Je te demande de m’excuser,
Car c’est moi qui ai fait de toi ce que tu es.
Mais je ne serais plus jamais ta complice.

Aujourd’hui, je me détourne de toi.
Ne compte désormais plus sur moi.
Je me drape de mon linceul,
Et te voilà tout seul.

A l’annonce du thème Dictature, Maziwa s’est intéressée aux coulisses de l’État.

Ne voulant pas écrire un texte basé sur un quelconque jugement moral, après avoir envisagé plusieurs possibilités, telle que représenter quelqu’un de blessé par la Dictature ou un de ses adorateurs, l’idée d’offrir une voix à une personne prise entre son éthique et un amour sincère porté à la personne du Dictateur germe dans son esprit. Deux profils s’imposent alors à elle, l’amoureuse éperdue, ou la mère. Mais par peur de se laisser emballer par la description des sentiments amoureux, la version de la mère du Dictateur s’impose.
Mère montre que la société dépeint le Dictateur comme un monstre, mais que jamais nous ne pensons que ce monstre ait un jour été enfant, fils d’une mère. Elle a alors imaginé le profil d’une mère qui n’était pas elle-même corrompue par les idéaux de son fils pour pouvoir garder le déroulement de la pensée du personnage.
Le texte est structuré comme un cheminement de pensée : Souvenirs, faits et douleur.
Maziwa a su rentrer dans la peau de ces mères dont on ne parle pas, et a souhaité emmener ses lecteurs avec elle dans cette réflexion : Que faire lorsque son enfant devient un monstre?

Maziwa

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L’envers du décor

Deux regards différents, pour un même résultat.
Un côté bienveillant envers tout le monde, plein de lumière et d’espoir, sous les traits d’une figure enfantine et presque attractive. Et de l’autre un côté noir, effrayant, mystérieux, dangereux, le vampire, se nourrissant des peurs de ses victimes.
Quoi que l’on voie sur ce personnage de dictateur, le résultat est le même. La mort, la destruction, la guerre, et tant d’autres choses.
Le dictateur dans toute son ambivalence et son ambiguïté, tantôt clair, tantôt sombre. La face propre et les promesses lumineuses d’avenir meilleur, mais le sang versé de la lumière rouge en arrière plan et le chaos par le feu. Cette représentation veut rétablir la vérité sur le rôle des dictateurs et leur influence sur les sociétés qu’ils dirigent.

monsieurbloc

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Down with the Dictatorship

Un bas de visage qui hurle de colère et de douleur. Une représentation basse fidélité des ravages de la Dictature, de ceux que l’on évince, que l’on enferme, que l’on élimine.
Et quand on le découvre, tout n’est que rage, deuil et souffrance.
Des corps calcinés par l’incendie qui fait encore rage dans le ghetto, un orphelin rongé par le chagrin et la haine.

C’est pour ton bien

Fais pas ci, fais pas ça, tu dois faire ça mais pas comme cela.
Les petites dictatures partent souvent de bonnes intentions, on se les impose, on nous les ordonne, mais bon… C’est pour notre bien.

Les mots-tions libres

Dans les textes
Dans les têtes
Dans les écrits
Dans les récits

Le rime est un prophète
Les syllabes doivent être parfaites
Si par malheur les phrases ne s’accouplent pas
Nos mots et consonances sombrent dans le trépas

Dictature poétique ?
Consigne archaïque ?
Des mots comme Mosaïques
Pourquoi pas Chaotiques ?

Certains textes sont des révolutions
Complètement à côté de la plaque
Je vois bien que quand ça ne rime pas
Ou que les vers ont un nombre inégal de syllabes
Vos dents grincent

Comme un arbre à la racine tordu
Ces vers et ces mots
Vont dans
Tuote les
Directinos !

Sreait-ce une révloutoin ?
Au ponit même de la pontcuatoin ?

B              …                                                                             :
R                                                            ?
I                             !            Les                             !
S                                         Chaînes !                   ,
E          ,                                       ?                         .
Z                                                 !                                   …

N’avez vous jamais remarqué dans les textes, les poèmes, ou tout autre écrits, que les mots ont un lien étroitement fort, dirait-on même, imposé, entre eux ? C’est de cette dictature de la rime, du vers égal, des syllabes qui doivent avoir le même nombre de pieds, des consonances et allitérations, de la dictature esthétique et stylistique dont Martin Delaure s’empare.
Ces mots semblables à ces écoliers en uniforme des années 1960, dans leur jolis costumes unis, se libèrent et déchirent leurs uniformes. Les mots sont libres !

Martin Delaure

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Le Monde est à 46°20’37.78N 21°49’24.952E.

Barbare et immoral, voilà tout ce que le sujet « Dictature » nous donne comme première impression.
Pour éviter de tomber dans des représentations trop faciles, MyLoan voulu créer une oeuvre qui soit à la fois très spécifique et libre d’interprétation. Beaucoup pourront y voir un mouvement violent et inégal, à la fois dans le sujet et dans la couleur. C’est en voyant une interview sur les meurtres et les inégalités sociales qui l’ont poussée à choisir ces couleurs violentes en particulier. A part MyLoan, nous ne pouvons voir si c’est une fumée qui intoxique ou si c’est un feu qui ravage notre vision, auquel la symbolique est plus qu’évidente, concernant le sujet demandé.

MyLoan a caché plusieurs choses dans cette oeuvre, ce texte et y compris dans le titre. elles représentent son ressenti par rapport au sujet donné et elle avoue elle-même avoir beaucoup ri à l’idée de faire une chose pareille.